Extraits de presse

Quelques extraits de presse :

«Thomas vient d’avoir quinze ans et son jeu est déjà d’une assurance confirmée. Nous pourrons le comparer, dans quelques années aux plus grands »

Société Française de Luth Mars 2003 

« Le jeune Thomas Dunford, au talent prometteur, qui joue du luth aussi 

naturellement qu’un bébé sourit. La nouvelle génération… »

Société Française de Luth Novembre 2002 

« Un compliment particulier au jeu déjà très mature du jeune Dunford qui m’a

comblé, la relève est bien là, sans aucun doute. »

Alain Prévost Novembre 2002

Il n’a pas 25 ans. Pourtant, Thomas Dunford est déjà LA star du luth, que s’arrachent tous les ensembles baroques du moment. Des Musiciens de Saint-Julien aux indétrônables Arts Florissants de William Christie, tous sont tombés sous le charme de son jeu sensible et de sa profondeur poétique. Aussi, peut-être, de sa personnalité exubérante et juvénile. Car ceux qui fréquentent les «afters» des Arts Flo ou ont la chance de pouvoir glisser un œil et une oreille en coulisses des festivals de musiques anciennes, savent qu’il n’est pas rare d’y voir le jeune homme empoigner son théorbe ou son luth comme une guitare, pour en jouer à la manière d’une rock star (voir vidéo). L’anecdote serait futile si cette bonhomie ne cachait pas une maturité détonante. En lui confiant les rênes d’un album complet dédié au mélodiste anglais John Dowland, le label Alpha ne s’y est pas trompé. Entouré de chanteurs patentés – des fidèles de Christie, dont la basse Alain Buet et le ténor Paul Agnew, mais aussi de jeunes révélations tels le haute-contre Reinoud van Mechelen ou la soprano Ruby Hughes, Dunford assume la double casquette d’accompagnateur et de directeur artistique… Et distille une atmosphère de suave mélancolie qui épouse à merveille les mélopées de Dowland. (Alpha)

Le Figaro

Voir Thomas Dunford sourire au luth, c’est déguster un tableau du Caravage. Au-delà de sa mélancolie, la musique pour luth de Dowland (un anniversaire trop oublié) témoigne d’un appétit sonore ensorcelant. Encore une poignée de merveilleux ayres et songs, chantés comme dans un rêve par Hughes, Van Mechelen, Agnew et Buet, et vous croirez au paradis terrestre.

Mad Belgique

Nouvelle prise de risque pour le label Alpha.Et nouveau coup de maître. Après avoir révélé le jeune chef baroque Raphaël Pichon et son ensemble Pygmalion, la maison de disques a donné carte blanche à l’un des luthistes les plus prometteurs de sa génération : Thomas Dunford. À 25 ans, ce musicien, collaborateur régulier des Arts florissants de William Christie, compte parmi les spécialistes les plus demandés, aussi à l’aise au luth qu’au téorbe ou à la guitare. Avec Lachrimae, il livre un premier album tout en mélancolie et sensualité, dédié au meilleur mélodiste d’Angleterre : John Dowland. Accompagnateur et directeur musical, il y est entouré de voix patentées, dont la basse Alain Buet et le ténor Paul Agnew.

La vie

Dans la série anniversaire oublié et éclipsé par Wagner et Verdi, notre coup de coeur ira cette semaine à John Dowland dont nous célébrons le 450e anniversaire de la naissance. Nouveau disque qui lui rend hommage, Lachrimae, signé par l’excellent luthiste Thomas Dunford (élève notamment de Claire Antonini et Hopkinson Smith, deux maîtres du genre). Dowland nous laisse 4 livres de chansons pour voix et luth. C’est ce répertoire qu’explore le musicien à travers un florilège d’ayres et de songs toutes plus envoûtantes les unes que les autres. Un coup de maître pour ce jeune musicien de 25 ans qui affiche une maturité insolente et une musicalité à toute épreuve. William Christie et François Lazarevitch ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, ils ont plusieurs fois invité le musicien a jouer avec eux. Les stars baroques Paul Agnew et Alain Buet lui font également confiance puisqu’on les retrouve entre autre tous les deux sur ce disque (sans oublier deux jeunes talents dont on reparlera sans aucun doute : le haute-contre Reinoud van Mechelen et la soprano Ruby Hughes). Superbe réalisation avec un artiste pour qui on a vraiment eu un énorme coup de coeur. Et un disque déjà indispensable.

 

France Musique

 

At the French Embassy, an evening of early music for lute and percussion

By Cecelia Porter, Published: October 18 2012

A lutenist and percussionist as a duo? Both French, lutenist Thomas Dunford and percussionist Keyvan Chemirani paired up at the French Embassy on Tuesday for an exciting, yet delicately nuanced evening of improvisations in music spanning the late Renaissance and early baroque periods. The duo met two years ago, instantly realizing the wide-open potential of combining an archlute — a large, long-necked bass lute with double courses of strings — and Iranian percussion instruments — the udu and the zarb, two differently shaped hand drums. Versions of these instruments have been basic in world cultures since antiquity.

Dunford’s wide range of characteristic lute-plucking techniques at times resembled percussive sounds, while Chemirani’s seemingly infinite number of hand strokes — flying at the speed of sound all over his udu and zarb — resonated with actual musical pitches.

Playing without scores, the musicians alternated solos with duos in breathtaking flights of fantasy, never seeming to run out of new sound possibilities. In melancholy-suffused works by the Elizabethan composer John Dowland, Dunford balanced the basic harmonic underpinning, while imaginatively indulging in variations in a “vocal” line above. Chemirani worked wonders on his drums, launching into a myriad of mesmerizing strokes of fingers or even whole hands on many places on the instrument, including the rim and back sections.

The musicians also played music by the little-known Italian composer Johannes Hieronymus Kapsberger, the pieces pulsing with the steady beat of baroque rhythmic patterns. As a finale, Dunford and Chemirani chose a brief repeated bass theme, indulging in wild virtuoso improvisations above it. The audience demanded an encore, the duo winding their way this time through take-offs on a pop song — another dimension of their art.

 The Washington Post

Axelle Marie Girard

Comédienne, musicienne et auteur dramatique

Portraits d’un jeune homme 

Publication: 25/07/2012  06h00

Dans la série jeunes solistes, j’ai demandé le luth; et c’est Thomas qui s’impose. Il n’a qu’un mot à la bouche, ou plutôt qu’un nom: Dowland . A cheval sur deux instruments d’une même famille, luth et archiluth, Dunford -le fils de Dowland- imprime à la musique la marque d’une jeunesse enthousiaste et… prometteuse.

Etudiant à la prestigieuse Schola Cantorum de Bâle, Thomas fait ses classes à l’écoute des disques de Paul O’Dette. « Je m’entraînais à jouer en même temps que lui pour m’imprégner de son génie, de sa musique », me dit-il. D’O’Dette, Thomas a retenu un souci aigü du son et de la nuance, si précieux, pour qui s’essaie aux oeuvres de Dowland.

« C’est un compositeur qui ne se lasse pas et qui ne lasse pas, à condition que l’interprétation veille scrupuleusement à soigner chaque son, chaque note, nécessairement différente des autres ».

Dowland: « le calme, la tristesse » mâtinée de l’intelligence du monde chez ce compositeur dont personne ne sait vraiment s’il naît à Londres ou à Dublin et qui s’est converti au catholicisme sous le règne d’Elizabeth d’Angleterre. En un mot donc, la mélancolie, qui résonne d’accords déchirants puis réjouissants au gré des Lachrymae, des danses qui la disputent aux charmes d’une gaillarde en forme de grenouille.

 

La mélancolie encore, dans l’oeuvre composée par l’ami d’enfance et d’étude (détonant Jules Matton, qui fait ses classes à la Julliard School à New-York): Ballade. Où le doute s’immisce jusque dans les arpèges à la sérénité trompeuse.

« J’ai traqué la mélancolie au coeur d’harmonies simples et flexibles. C’est l’oeuvre la plus subtile que j’aie jamais composée. J’ai pensé Arvo Pärt et puis… j’ai fini par me débarrasser de cette référence pour aller vers autre chose. Il y a avait je crois, deux écueils à éviter: faire de la musique moderne sur un instrument par définition ancien d’une part, tomber dans le pastiche de la musique ancienne d’autre part… ».

Alors Matton s’est laissé porter par une image, « celle d’une ballade solitaire, relativement malheureuse et entrecoupée de quelques rayons de soleil… ». C’est l’histoire d’un homme comme les autres en somme; d’une vie avec ses hauts, ses ébats, ses temps morts retenus dans un souffle qui vomit un accord dissonant, dérangé. L’échec n’est pas total, l’espoir l’emporte et avec lui, le doute. Toujours le doute.

Ce morceau, commande du Festival de Radio France à ses « jeunes solistes » s’inscrit donc sous le signe d’un ensemble dont Dunford revendique la cohérence avec force : « j’ai préféré me concentrer sur un compositeur en particulier ». Et puis, ces jours-ci, Thomas enregistre un disque qui sera lui aussi consacré à celui dont on disait « semper Dowland, semper dolens ». Mais celui-là sera particulier… C’est bien de ça qu’il s’agit, dans la musique ancienne : « elle nous oblige à revenir au silence. A repenser le son ». A échapper un temps au bruit pour se pencher sur cette esthétique du son et du sens, dont la grâce est telle qu’elle finit par échapper à son interprète, par se donner nue, dénudée même au public.

Générosité encore, lorsque le jeune homme empoigne son luth et qu’il se met à chanter. A lui donner un son encore insoupçonné et qui ressuscite jusqu’aux grandes heures de Jim Morrison.

Plus qu’ailleurs cet été, la musique se donne à Montpellier. Les jeunes solistes y font leurs armes sous l’oeil indulgent des plus grands. C’est gratuit mais de haute tenue. Le public ne s’y est pas trompé, qui accompagne la hardiesse de Thomas d’une batterie manuelle et magistrale à faire trembler les murs du grand Corum. A-t-on jamais vu luthiste s’improviser chanteur ? Encore fallait-il rencontrer ce jeune homme, dernier d’une famille de grands musiciens férus de musiques d’ici et d’ailleurs, à l’image de son instrument, grand voyageur s’il en fût. Et qui redit à chaque son le charme discret de la jeunesse: elle est sans loi.

 

 

 

 

 

 

 

La douce mélancolie de John Dowland magnifiée par Thomas Dunford

Chronique et coup de coeur de l’album « Lachrimæ » paru chez Alpha Productions le 26 mars 2013

Fallait-il enregistrer un énième album des « songes or ayres » de John Dowland (1563-1626) ? A l’écoute de ce projet tout juste sorti chez Alpha et capté à l’été 2012, la réponse ne peut être qu’affirmative. On croyait tout connaitre mais tout n’était pas dit…et de quelle manière !

La surprise se greffe un peu plus au bout de chaque plage et on ressort avec une impression de fraicheur inégalée dans ce répertoire faisant la part belle tant au luth du prometteur – et déjà tellement accompli – Thomas Dunford qu’aux quatre voix qui l’accompagnent avec une délicatesse toute élisabéthaine. On notera la jolie découverte de la soprano Ruby Hugues qui ne dépareille pas à côté des indéfectibles Paul Agnew et Alain Buet, ainsi que de l’encourageant Reinoud Van Mechelen déjà entendu avec l’ensemble Scherzi Musicali.

Dowland est magnifié car ils tapent juste ; pas d’affects inutiles, pas de crossover intempestif, mais une vision passionnée de Thomas Dunford qui, pour son premier projet solo et malgré ses 25 ans à peine, prouve qu’en plus de son métier de continuiste chevronné, l’on devra aussi compter avec lui dans les années à venir.
Fini les louanges, on se régale avec l’extrait en exemple et on se laisse aller à une douce mélancolie.Bon sang, larmes heureuses. John Dowland par Thomas Dunford

 

Attribué à Sir William Segar (Angleterre ?, c.1554-Richmond, 1633),
Portrait d’homme au pourpoint noir
, c.1605
Huile sur panneau de chêne, 100 x 80,6 cm, Londres, Tate Gallery

 

« Bon sang ne saurait mentir » se dit-on en posant sur sa platine le premier enregistrement dont Thomas Dunford assume, à 25 ans, la responsabilité artistique. Pour ses premiers pas, ce jeune luthiste, fils de deux gambistes renommés, Jonathan Dunford et Sylvia Abramowicz, auquel ses talents de continuiste valent de faire partie de nombre d’ensembles de musique baroque, a choisi de se tourner vers un compositeur emblématique, John Dowland, dont il nous livre, en compagnie quatre chanteurs, un florilège de chansons et de pièces instrumentales.

 

Il est difficile aujourd’hui de parler du musicien anglais qui est devenu, avec son contemporain William Byrd (c.1540-1623), un des symboles artistiques de l’époque élisabéthaine, sans verser immédiatement dans les clichés. Bien sûr, il serait vain de nier que celui qui se désignait lui-même, dans le titre d’une de ses œuvres, comme « toujours Dowland, toujours dolent » (Semper Dowland, semper dolens) n’incarne pas à merveille la mélancolie qui semble avoir été cultivée comme une fleur rare durant une partie du règne d’Élisabeth Ière, mais il ne faut pas oublier, pour autant, que son art ne se résume pas à ceci. Celui qui est regardé, non sans raison, comme un des compositeurs anglais les plus influents de son temps fut également un des plus cosmopolites, du fait de sa difficulté, qui nous apparaît aujourd’hui assez incompréhensible d’autant qu’elle tient sans doute à de banals motifs confessionnels (Dowland s’était converti au catholicisme), à trouver un poste à la cour d’Angleterre en dépit des liens qu’il y cultivait.

 

Sa carrière se déroula essentiellement à l’étranger, en France de 1579 à 1584 environ, puis de façon épisodique en Allemagne et en Italie – sa présence est attestée à Rome et il dit avoir visité Venise, Padoue, Gênes et Ferrare avant son arrivée à Florence –, avant qu’il accepte une invitation de Christian IV, roi du Danemark, auprès duquel il demeura de 1598 à 1606. Bien que sa renommée fût alors européenne et que ses recueils connussent le succès, il lui fallut attendre encore six ans en vivant parfois d’expédients tout en assistant à la promotion de confrères moins doués que lui, revers dont il s’ouvre amèrement dans la préface de son ultime recueil, A Pilgrimes Solace (1612), avant que la reconnaissance tant attendue lui soit accordée ; le 28 octobre 1612, un poste fut spécialement créé pour lui et il devient le luthiste royal qu’il avait toujours convoité d’être. S’il ne publia plus qu’exceptionnellement après cette date, il resta apparemment actif jusque dans les dernières années de sa vie, puisque les dernière traces documentaires le concernant datent d’un peu plus d’une année avant sa mort, survenue en février 1626.

 

La musique de Dowland, regardée aujourd’hui comme une émanation parfaite de l’esprit anglais, est, en fait, le produit de la rencontre entre sa culture d’origine et toutes celles avec lesquelles il fut en contact durant un parcours qui l’obligea, comme on l’a vu, à aller chercher fortune ailleurs qu’en sa patrie. Ses pièces pour luth, dont la majorité est composée de danses, voient ces dernières s’éloigner progressivement d’une pratique chorégraphique concrète pour gagner des sphères plus abstraites, tandis que ses chansons portent indiscutablement la trace tant de l’air de cour français que de madrigal italien. Si le style du compositeur tend à gagner en expressivité au fil de ses trois Livres d’airs publiés respectivement en 1597, 1600 et 1603, tous sont marqués par une indéniable capacité à adapter au plus juste les rythmes musicaux pour qu’ils épousent le texte au plus près, comme un vêtement impeccablement taillé et sans fioritures, faisant de la précision et de la concision les gages d’une sobriété néanmoins porteuse d’une remarquable efficacité expressive. De l’emportement de Can she excuse à l’abattement de Sorrow stay, le compositeur rend sensibles tous les états du cœur de l’Homme, dont les revirements sont idéalement mis en scène au travers des alternances d’espoir et de désillusion de Come again.

 

Contrairement à l’habitude qui prédomine dans l’approche de ce répertoire, Thomas Dunford a choisi de confier les pièces vocales de son anthologie non à un soliste, mais à un quatuor vocal constitué de chanteurs confirmés – la basse Alain Buet et le ténor Paul Agnew –, en passe de l’être – le prometteur ténor Reinoud Van Mechelen, concomitamment à l’affiche d’un disque malheureusement inabouti consacré à Purcell chez le même éditeur –, ou en devenir – la soprano Ruby Hugues –, choix historiquement défendable qui apporte à cette réalisation une variété de couleurs et une animation très appréciables. Ce consort de voix, en dépit d’une soprano qui, en cherchant un peu trop à attirer l’attention sur elle, peine à se fondre vraiment dans l’ensemble, se révèle globalement bien équilibré et homogène ;

 

il parvient à transmettre les émotions des textes avec beaucoup de justesse, voire un certain panache et une implication dramatique qui rompt avec la tradition instaurée par Alfred Deller et ses nombreux suiveurs qui a eu tendance à faire de l’interprétation de ces chansons quelque chose d’un peu trop lisse et éthéré. Rien de tout ceci dans cette réalisation dans laquelle les mots claquent, les cœurs battent, les larmes coulent avec un naturel assez désarmant, dont il y a fort à parier qu’il ne sera pas forcément du goût de ceux pour qui ces airs tiennent avant tout de la miniature précieuse. Au luth solo, Thomas Dunford fait lui aussi le pari d’une spontanéité de l’approche et d’une franchise du trait qu’il assume avec une aisance apparente assez bluffante. Doué d’une technique impeccable au service d’une inventivité musicale et d’une sensibilité également évidentes, le jeune musicien livre de certaines des pages les plus célèbres de Dowland des lectures finement ouvragées et très abouties qui montrent qu’il a compris et digéré tant les conseils de maturation d’Hopkinson Smith que le style plus « théâtral » de Paul O’Dette, qui furent ses deux principaux maîtres, deux manières entre lesquelles il parvient à opérer une synthèse harmonieuse et convaincante. Si certains points restent, ça et là, perfectibles, si on aurait aimé entendre des pages moins courues, ce coup d’essai se révèle, par l’énergie qui s’en dégage et son refus de céder à une atmosphère uniment mélancolique, une belle réussite, tant du point de vue de l’art du soliste que de ses capacités à fédérer autour de lui une petite équipe de musiciens.

 

Je vous recommande donc ce premier disque de Thomas Dunford qui s’inscrit avec bonheur dans la discographie pourtant relevée consacrée à Dowland et peut même être considéré comme une anthologie assez idéale pour une première approche de l’univers de ce compositeur. On suivra donc le parcours de ce jeune luthiste avec beaucoup d’attention, en espérant le voir également servir des répertoires moins fréquentés que celui-ci, l’exploration de la musique pour luth étant loin d’être achevée. Pour l’heure, régalons-nous des heureuses prémices anglaises qu’il nous offre — bon sang n’a pas menti.

 

 

Lachrimae

 

A l’époque de John Dowland, la nostalgie est toujours ce qu’elle était. Juste avant la naissance du compositeur, elle semble même s’affirmer encore un peu plus, avec Dürer d’abord et son énigmatique et ténébreuse gravure Melencolia I, puis Cranach et sa Melancholia, toile troublante et colorée de 1532. Mais la meilleure définition de la musique mélancolique à la Dowland, on la trouve étrangement – et involontairement – quelques siècles plus tard chez Gérard de Nerval : « Et mon luth constellé porte le soleil noir de la mélancolie. » L’atmosphère suggérée par le poète français est exactement celle des Ayres du musicien anglais. Un luth, des étoiles comme des éclats dans la mélodie, et cet extraordinaire oxymore soleil noir, qui se traduit chez Dowland par une joyeuse morosité. Chaque danse, chaque gaillarde, chaque chant reflète cette dualité et crée ainsi un climat envoûtant fait d’élans et de retenues, d’ardeur et de pudeur. Le langage harmonique de Dowland est rendu ici avec de magnifiques couleurs, chaque air est un petit bijou ciselé par des voix parfaitement en place, et le pari de l’alternance pièces pour luth/pièces chantées, avec parfois les deux versions d’un même song, est totalement réussi.

Gérard Pangon

 

 

 

 

 

 

FESTIVAL – La musique ancienne est une grande famille. Et l’Abbaye aux Dames, sa résidence d’été. Les mélomanes d’hier découvraient Jordi Savall et Hopkinson Smith. Ceux d’aujourd’hui découvrent la génération suivante. Thomas Dunford est le fils de deux grands gambistes, Sylvia Abramowicz et Jonathan Dunford. Lui, qui vient jouer seul avec son luth mercredi matin dans l’auditorium de l’Abbaye, a sûrement connu ses vieilles pierres, enfant. Elève de Smith à la Schola Cantorum de Bâle, où ses parents ont été les disciples de Savall, il consacre son concert à John Dowland, grand compositeur de l’Angleterre élisabéthaine. Thomas Dunford aime dans ses chansons pour luth solo la place qu’elles laissent au silence : « Souvent dans la musique, les moments qui nous touchent sont les plus simples, les plus intimes, les plus doux. Dans notre monde agité, cela fait du bien d’avoir un peu de calme ! Laisser quelques temps de silence permet à la musique d’être plus digeste, d’avoir le temps de s’exprimer. » Pourtant, si le concert s’intitule « Lachrimae », en référence à l’une des mélodies les plus populaires de Dowland, pas de mélancolie en vue. « Il a beaucoup voyagé et ses pièces sont de tous les styles. Il écrit pour parler des femmes qui le séduisent comme dans « La Mia Barbara », ou « Miss’s Winter Jump » qui nous laisse imaginer une femme en train de sauter ! » Dans Dowland, on danse, on saute, on s’apprivoise, comme ces enfants qui jouent dans la cour de l’Abbaye. Seront-ils les vedettes du Festival de Saintes en 2035 ?

Calgary Herald

Davies and Dunford present gems of the Renaissance and beyond

April 9, 2014. 6:23 pm • Section: Music, Performing Arts

Melancholy was a common and often preferred theme at the late Renaissance court of Elizabeth I, the Virgin Queen, and the songs and lute music of the age, particularly those by the great English master John Dowland, were emblematic of this dark humour. Friday night’s Early Music Voices concert titled ‘Flow My Tears’, featuring world-renowned countertenor Iestyn Davies and lutenist Thomas Dunford could not have provided better exponents of this reflective and introspective repertoire, so absorbed and fully appreciated by a truly enamoured Christ Church Elbow Park crowd on Friday night.

Mr. Davies is an immensely well-known performing artist and for a number of very good reasons. He is often the premier exponent of composer Nico Muhly’s music, and offered a thrilling example tonight with the 2013 composition ‘Old Bones’. He is also, simply put, one the finest countertenors out there in a growing, highly competitive field. His opera, concert and recital record is burgeoning with numerous collaborative accomplishments and we were fortunate to see one of those examples at its acme.

For an evening of melancholy, not everything sounded with saddened sameness. Mr. Davies took on an impressively expressive range of repertoire, moving easily from song to song, changing moods and musical styles with tremendous facility, though perhaps nowhere more clearly so than in the rarely heard music of John Danyel (1564- c.1626).

Danyel is another one of those hidden remarkable composers of the period, and Mr. Davies elected to present a set of three pieces, first among them a three-part sequence ‘Canst thou not’ – a beautiful casting of C minor proportions. The work opened with declamation on the word ‘Grief’ followed by an angular ascent handled unerringly and convincingly by Mr. Davies, who moved seamlessly amid tricky modal mixtures. His changes of timbre here, and throughout the evening, were not of the merely accomplished variety such as one might find with the customarily competent average recitalist, but instead Mr. Davies showed true command over his chord-by-chord inflection, impressive architectural reading and harmonic intent at every moment. The chromatic moments were stunning, chilling even, and a complete thrill to hear.

But, Mr. Davies’ skills never rested merely upon technique. He is also an accomplished interpreter of considerable mettle, whether in words like “Drop, drop drop not my love” or his splendid diminuendo on many of his cadences. His is a musico-technical vocabulary replete with all possible vocal effects commensurate with his art, in full possession of a ringing high D, (and much higher, when required) or if he wishes he can just as easily make it the softest part of a peaking phrase. Dramatic, yet filled with many contrasting lovely moments, Mr. Davies seems to eternally respect the score and thus, his audience uppermost.

Whether it was Robert Johnson’s ‘Have you seen the bright lily grow?’ with its agogic poetic phrase endings, sweet turns, ornaments and early Baroquisms, or the more emotional charged changes of temperature associated with ‘Care-charming sleep’ that required a more staged feel of operatic dimensions, Mr. Davies simply gave us a demonstration of the era’s prodigious diversity with his own equally complementary talents. The dramatic madrigalesque quality of some of these works, contrasting meditative sustain with nimble ornamentation including brief roulade-like figures was truly impressive.

The remarkable contrasts in repertoire continued in the second half which opened with Nico Muhly’s Old Bones (2013), a splendid way to lead off with a revisiting of the melancholy medium now cast in modern musical language. The work is lovely, typical of the soft dissonances of our age, cast in frequent uses of minor seventh chords and passages of quiet lyricism. Mr. Dunford played quiet dyads in an expanded tonal idiom that set the tone for a meditative closing section of tranquil beauty. Here is a beautiful work and the duo made the change to a different musical language well, its mixed vocabulary drawing on only the most felicitously post-tonal idioms of British twentieth-century origin. There was an open harmonic quality to the work that lends itself well to contemplation, as much of Mr. Muhly’s music is so inclined to inspire, and certainly Mr. Davies fits the bill to perform this luscious repertoire, especially given the fact the two collaborated in performing Four traditional songs by Mr. Muhly in New York last fall.

The evening concluded with a set of Dowland songs, most of which are popular favourites beloved by many. ‘Come again’ was exquisitely performed at a wholly appropriate, spritely tempo and beautifully ornamented by Mr. Davies in two verses. The emphasized contrasts in mood from verse to verse were welcome in this intense performance of rare urgency.

The lament ‘In darkness let me dwell’ was a true highlight of the evening. Relaxed phrasing, astonishing control of line, all with incisive directional purpose made this song’s performance a revelation. Mr. Dunford’s mixed colourations on lute inflected many of the more piquant text-painted passages such as ’til death come’ but the ending was the most glorious part culminaitng in a near-impossibly long-held note by Mr. Davies on the word ‘me’.

To finish the set, Mr. Davies sang ‘Can she excuse my wrongs’ with similar intensity to ‘Come again’. Then followed the outstanding ‘Flow, my tears, flow from your springs’, and the duo concluded with the poignant ‘Now, oh now I needs must part’, intermixed with the famous ‘Frog’ galliard by Mr. Dunford, completing this perfect concert of exchanges between voice and lute.

Through it all, Mr. Dunford’s lute playing, frequently interspersed between most of the songs, was a major virtuoso attraction. Imbued with improvisational feeling, leading naturally from one piece to the next so as to bridge the disparate territories of unrelated keys, Mr. Dunford’s tremulous lute was gentle, subtle, miraculous.

A premium moment came when Mr. Dunford played the famous pavan ‘Semper Dowland Semper dolens’, the composer’s beautiful meditation on his depressive condition. This was a careful, intimate rendition of the work, feeling the tenor and temperature of every chord, each taken with astute care and with tremendous concern for timbre, suspension, and gentle late-Renaissance expressiveness.

Mr. Dunford resonated Dowland’s ‘Lachrimae’ splendidly, particularly with its concluding slow section that I love so much, giving all due space and concern for each moment, as though allowing each of Dowland’s tears to fall with grace and exquisitely painful beauty. Or consider Mr. Dunford’s performance of ‘The King of Denmark’s Galliard’ in which he took a slower tempo to fit in his extensive ornamentation of many passages. Mr. Dunford’s command of the language, ranging from the majestic courtly features, to passages of a more military bearing contrasting other moments of subtly suffused sensitivity, all served to link the multiple topical colours of this repertoire together, housed under the roof of this one representative work. Such is Mr. Dunford’s professional pedigree as a world-class exemplar of lute playing, capable of playing anything in any style, in demand everywhere, and at 26 years of age with seeming endless possibilities.

As an encore we were given Thomas Campion’s ‘I care not for these ladies’, a charming strophic work of popular sentiment. Mr. Dunford, an expert in multiple genres across musical time, seamlessly slipped with slides along his lute strings into the B section with an improvised ‘If I saw you in heaven’ by Eric Clapton (a reference made by Mr. Davies during his introduction of the song in which he cited Campion as a gifted songwriter, albeit the Eric Clapton of the Renaissance). It was a delightful conclusion for those in attendance, and a smart way for these very gifted performers to underscore the undying nature of popular song in the Reanissance, both in our time, and for all time to come

“Davies and Dunford” make for a stunning duo collaboration, leaving us all wishing we could hear them again and again, performing repertoire of their own choice, from any era, anytime they wanted. We could have made our standing ovation last all night.

Photos: Above, Iestyn Davies; below, Thomas Dunford. Courtesy of Early Music Voices.

BBC Music Magazine

Dowland: Lachrimae

ALBUM TITLE:

Dowland: Lachrimae

COMPOSER(S):

John Dowland

WORKS:

Lachrimae: Preludium; Come Again, Fortune; The King of Denmark, His Galliard; I Saw my Lady Weepe; Flow My Tears; Semper Dowland, Semper Dolens; Sorrow Stay; Melancoly Galliard; Can She Excuse; A Dream; Go Cristall Teares; Lachrimae; Frog Galliard; Now, O Now

PERFORMER:

Ruby Hugues (soprano), Reinoud van Melchelen, Paul Agnew (tenor), Alain Buet (bass); Thomas Dunford (lute & direction)

LABEL:

Alpha

CATALOGUE NUMBER:

ALPHA187

Musicians as diverse as Elvis Costello, Percy Grainger, Peter Pears and Sting have been drawn to Dowland’s lute songs, and the composer’s own adaptable approach encouraged a variety of interpretations, ranging from a solo voice to a flexible vocal and instrumental ensemble. Surprisingly few performers today prefer the latter option, so it is refreshing to hear the more convivial approach in this new recording: in airs from The First Booke, a quartet of voices weaves a madrigalian web; elsewhere, two singers converse in lovelorn dialogues. The consort versions draw the ear from lyrics and melody to colour and sonority, aspects that Ruby Hugues, Reinoud van Mechelen, Paul Agnew and Alain Buet underscore in their keenly expressive accounts, highlighting dynamic contrasts, chromaticism and chiaroscuro effects.

The readings are compellingly articulated by lutenist and director Thomas Dunford, who also takes centre stage in a handful of Dowland’s solos. Dunford’s supple technique, combined with his passion for jazz, allows him to decorate and elaborate the written texts with improvisatory abandon, shedding new light on old favourites. He really plumbs the depths, too, of Dowland’s melancholy ‘blues’ style, proving himself to be an Eric Clapton of the lute.

Kate Bolton

The Washington Post

 

Countertenor Iestyn Davies and lutenist Thomas Dunford at the Kennedy Center review

 

By Charles T. Downey, Published: April 9 

 

Both countertenor Iestyn Davies and lutenist Thomas Dunford have given first-rate concerts here in the last few years, the former at the Phillips Collection and the latter at the French Embassy. We have Vocal Arts DC to thank, however, for presenting the combination of the two musicians in an immaculate and affecting concert on Tuesday night in the Kennedy Center Terrace Theater.

Davies possesses one of the most refined and lucent countertenor voices, with flawless intonation, ease and beauty across its range and not even a hint of shrillness. With his love of text, intelligent phrasing and clean but not overdone English diction, Davies is a natural match for the English Renaissance lute-song repertory, and Dunford, who has a similarly delicate approach to his instrument, matched him phrase for phrase. In repertory that is so soft, requiring careful listening, the two musicians held the audience spellbound and still, except for a few inconsiderate coughs.

Songs and pieces for lute by John Dowland provided the highlights, including both the song “Flow My Tears” and the lute piece “Lachrymae,” based upon it. For the somber song “In Darkness Let Me Dwell,” the performers made the unusual decision to perform with all the lights out in the theater, an unnecessary but not unpleasant gimmick. Songs by Dowland’s lesser contemporaries filled out the program, most notably Robert Johnson’s perfectly crafted “Have You Seen the Bright Lily Grow?,” John Danyel’s slitheringly chromatic “Can Doleful Notes?,” and Thomas Campion’s disarming “Never weather-beaten sail.” The Washington premiere of American composer Nico Muhly’s “Old Bones” did not hold up to comparison in this company, because of its decidedly unpoetic text and weak melodic writing. An odd encore merged Campion’s “I Care Not for These Ladies” with Eric Clapton’s “Tears in Heaven.”

 

 

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